14 Juin

Chronique du crinqué #8

Salut les Crinqués,

Pour une dernière fois, suite à des changements à la programmation de BLVD 102,1 (Québec), Sylvain “The Animator” Bureau s’entretient avec Mario Tremblay sur ce qui allume les crinqués. Cette semaine, Sylvain parle de Conan le Cimmérien, du E3 (et autres salons) et de la récente bande-annonce de “Halloween”.

Bonne écoute!

 

 

 

6 Juin

Carbone Modifié, le postcyberpunk à son meilleur!

Il est rare que je connaisse une oeuvre littéraire d’abord par ses adaptations. Ce fût par contre le cas pour Carbone Modifié de Richard Morgan. Je le connaissais par son importance dans l’univers du cyberpunk mais je n’avais jamais pris le temps de le lire. C’est la série sur Netflix qui m’a donné la motivation nécessaire pour enfin lire ce monument du postcyberpunk.

Premier tome de la série basée sur Takeshi Kovacs, un “héros” pas très convenable qui survit dans un univers dangereux. Dans cet avenir, la mort n’existe plus ou presque! Votre conscience est sauvegardée dès votre jeune âge sur un disque pour être réimplantée dans un nouveau corps s’il vous arrive un malheur! Pour Kovacs, la mort est une routine. C’est le risque quand vous évoluez comme soldat dans le Corps diplomatiques, l’élite de l’élite du Protectorat des Nations unies. Après avoir parcouru la galaxie pour différentes missions, il est expédié sur la terre pour mener une enquête sur la mort d’un riche magnat qui veut élucider sa propre mort! La police, après une enquête un peu bâclée, a conclu au suicide. Mais qui veut se suicider quand son esprit est sauvegarder jours après jours pour être certain de toujours revenir dans le monde des vivants? Pas très claire cette histoire!

La force de Morgan est d’avoir fusionné le roman de cyberpunk et le roman noir en une oeuvre complexe, questionnant les différences sociales entre les classes et sur l’immortalité de l’âme humaine. L’univers de Morgan est sombre, ayant peu d’espoir. Un univers où les personnages sont torturés. Où la technologie est omniprésente pour le meilleur et le pire. Morgan joue avec ses personnages très standardisés dans leur forme mais très différents dans leur psychologie. Kovacs y joue le flic typique du roman noir, désabusé et cinglant. Mais toujours à l’affût et d’une redoutable intelligence et détermination. Les femmes sont fatales sans être secondaires pour autant. L’histoire y est complexe et difficile à suivre, elle demande un effort constant pour bien comprendre les ramifications de l’histoire qui sont nombreuses, sinueuses et géniales!

Le rythme de ce roman est exceptionnel. À chaque page tournée, j’en voulais toujours plus! Morgan nous tient en haleine dans son roman et jamais il nous laisse tomber en oubliant un seul détail. Ce roman est l’un des fondateurs du style postcyberpunk, un univers où le héros n’a pas perdu espoir, ou il désire changer les choses. Nous avons ici un roman majeur, quasi parfait dans tous les éléments. Le seul bémol que j’ai eu, c’est que je n’ai pas encore le tome deux pour continuer!

Alors lisez ce livre, écoutez la série et ayez du plaisir!

P.-S. – Je dois vous avouer quelque chose, mais que ça reste entre nous. J’ai mieux aimé ce livre que Neuromancier de William Gibson. Je sais, je sais, je frôle l’hérésie mais c’est la vérité!

Carbon Modifié par Richard Morgan.
Publié aux éditions Bragelonne en 2018
Gagnant du prix Philip K. Dick en 2003

Merci à La Boîte de Diffusion pour le roman.

#thepaperman

6 Juin

Alt-Life, un questionnement métaphysique sur l’humanité.

Sommes-nous des êtres de chair? Le bonheur, c’est la contrepartie du malheur? Un monde sans contrainte peut-il amener ce bonheur? Qui sommes-nous? Qu’est-ce qui fait de nous des humains? Tant de questions posées dans cette BD!

Cette BD, je l’attendais avec impatience. J’avais une vague impression qu’elle serait un de ces trucs qui sort du lot, qui ne reste pas sur le chemin de brique jaune. Et je ne m’étais pas trompé! Elle représente très bien ce qu’est notre époque et anticipe où nous allons.

Nous suivons l’histoire de deux pionniers, Josiane et René qui ont accepté de faire un avec la machine pour intégrer leur esprit dans le nouveau monde virtuel où l’humanité ira les rejoindre après une année de tests et d’évolution de ce projet qui se nomme “la génération”. Plus de retour en arrière possible pour eux, c’est une fusion parfaite entre l’homme et la machine ou l’esprit est absorbé dans ce nouvel univers. Dans ce nouveau monde, pas de contrainte, ou si peu. Plus besoins de manger, de boire, d’aller aux toilettes, de prendre de douche. Tout est géré et conditionné par la machine. On peut y créer ce qu’on veut, on peut y faire ce qu’on veut, aucune limite à part notre imagination. Bref, c’est l’immersion totale.

L’expérience ne sera pas vécue de la même manière par nos deux aventuriers du virtuel. Josiane, au début, laissa libre cours à ces pulsions sexuelles inassouvies. René, aura plus de difficulté à basculer complètement dans ce type de relation et se questionnera sur la réalité de la chose. Les deux personnages évoluent dans cet univers différemment pour à la fin se retrouver tous les deux dans une quête d’humanité. Une fois leur année passée, le reste des gens viendront les rejoindre mais avec un accès moins élevé dans leur possibilité de création mais surtout d’espace qui leur est donné. Ici aussi, dans cet univers, la disparité entre les classes sociales est présente. Les riches ont plus d’espace, les pauvres moins. Pas beaucoup d’évolution sociale!

Il est difficile de bien décrire cette BD tant qu’elle est complexe et regorge d’éléments philosophiques et de questionnements sur notre humanité. En fait, pour bien la comprendre vous allez devoir la lire! Cette BD est tellement collée sur notre époque que ça peut paraître épeurant en lecture. Tant de ressemblance avec nous, ce que nous vivons, ce que nous sommes. Et cette anticipation de devenir de pur esprit de la machine dans un nouveau monde est bien présente dans les diverses formes d’art depuis très longtemps. Quand j’ai terminé ma première lecture, j’étais dans plusieurs émotions. La peur, la peur de voir cet avenir arrivé. Un avenir où on laisse tomber notre monde pour s’enfuir dans un nouveau qui, malgré les précautions, ressemblera de plus en plus à notre ancien monde. La colère, la colère de participer tacitement à cette inexorable évolution de notre société pour le meilleur et le pire. L’excitation, car je suis un être de pulsions et avoir la possibilité de vivre ces pulsions sans contrainte et conséquence est tentante mais tout aussi troublante. L’espoir, car à la fin de cette histoire, Josiane et René recherche cette réalité, la réalité qui pue, qui fait mal, qui nous fait pleurer, qui nous frustre mais aussi qui nous stimule, qui nous rend heureux, qui nous donne du plaisir, qui fait de nous des humains. Car la grande question de cette BD, et elle est très Dickienne cette question, qu’est-ce qui fait de nous des humains?

Alors, cette BD lisez là! Pour la grande qualité du scénario qui vous fera en sorte que quand vous allez avoir terminé de la lire, elle vous restera en tête fort longtemps. Pour la qualité graphique qui colle à l’histoire de façon parfaite avec son petit côté psychédélique dans la couleur et les dessins. Pour la profonde réflexion qu’elle vient mettre en nous. Une grande BD!

Alt-Life de Thomas Cadène au scénario. Joseph Falzon aux dessins. Marie Galopin aux couleurs. Publié aux Éditions Le Lombard. 184 pages.

Merci à La Boîte de Diffusion pour cette BD.

#theparperman #thepapermanchronique #bd #altlife #lelombard

 

6 Juin

Solo, le plus Star Wars des films de Star Wars!

Cette appréciation contient des éléments divulgâcheurs. Vous êtes avertis!

Mais quel film! Quelle audace! Quel Star Wars! Solo : Une histoire de Star Wars représente très bien ce qu’est l’univers en dehors de la trame narrative principale. Cet univers sombre, sale, où chacun essaie de survivre dans un monde dominé par un Empire puissant, où les cartels criminels font la pluie et le beau temps dans les rues. Ici, pas de Jedi, pas de sauvetage de princesse, pas de bataille pour la sauvegarde de l’univers. Seulement un jeune homme qui essaie de survivre, d’évoluer, de gagner sa vie dans cet environnement hostile. Fallait avoir du courage et de l’audace pour pondre une telle histoire dans un univers qui carbure à l’épique!

Ce film, est une fusion entre l’univers étendu tant canon que légende pour nous démontrer l’importance de cet univers dans le développement de la franchise de Star Wars. Plein d’éléments de légende sont maintenant canon! Le passé de soldat dans l’Empire, sa rencontre avec Chewbacca, ses fameux dés chanceux, sa fameuse partie de Sabacc avec son “ami” Lando pour le Faucon, son DL-44 et sans oublier le légendaire raid de Kessel! Tant d’éléments qui restaient sans explication qui maintenant sont connus de monsieur et madame tout le monde. Était-il nécessaire de démystifier tous ces éléments? Je crois que oui. Toutes légendes possèdent une partie de vrai! Maintenant, faut-il connaître l’univers étendu pour apprécier le film? Aucunement, mais c’est comme manger un hamburger, c’est bien meilleur quand il est accompagné de frites et de soda!

Outre l’histoire qui nous plonge plus de deux heures sans temps morts dans ce western spatial, le casting est surprenant et magnifique. Alden Ehrenreich réussit son pari de prendre un personnage culte de la culture populaire joué par un acteur culte de la culture populaire et s’en sort très bien. Il est charismatique et son non verbal est parfait. Son sourire, ses poses, sa façon de bouger, tout est Solo en lui! Woody Harrelson est parfait en bandit des grands chemins galactiques. Son personnage de Beckett, sorte de figure paternelle à Han, est bien écrit, attachant malgré ses nombreuses fourberies et son duel avec Han est touchant. Là Solo a bien tiré en premier! Donald Glover est Lando Calrissian, rien à dire sur sa performance. Emilia Clarke s’en tire très bien dans le rôle de Qu’Ra, premier amour perdu de Solo. Leur relation à l’écran est sublime. On voit très bien que Solo ne l’a pas oublié mais qu’elle, est passée à autre chose depuis longtemps! Le seul qui ne s’en rend pas compte c’est Solo! Paul Bettany y joue un rôle de méchant conventionnel de ce type d’histoire. Il s’en sort bien mais ce personnage aurait pu être plus exploité selon moi. Et le Faucon, hommage au premier concept de Ralph McQuarrie, est merveilleux! Troisième personnage dans le trio avec Solo et Chewbacca, il mange ça dur tout au long du film. Il est réellement un personnage tellement il est important.

Je prend un peux de mots pour parler de L3-37, premier personnage robotique féminin de l’histoire de Star Wars. Personnage fort intéressant, très actuel dans ses valeurs et ses revendications. Peut-être trop même. Mais son intégration dans le Faucon est une belle façon, encore, d’expliquer pourquoi le Faucon possède un dialecte très particulier! Par contre, c’est un personnage fort peu conventionnel pour l’univers de Star Wars et il va déranger. Par sa relation avec son maître Lando et surtout, son esprit rebel.

Visuellement c’est fort joli. le raid de Kessel est magnifique et nous permet de voir le vrai talent de pilote de Han. Il est réellement le meilleur pilote de la galaxie! La scène classique western de l’attaque du train est renversante. De l’action à couper le souffle. Elle explique bien cette scène pourquoi Chewbacca a une dette de vie envers Solo! Les extraterrestres sont encore une fois extraordinaires et des plus variés. Les véhicules et vaisseaux spatiaux sont bien rendus. Cette scène de construction d’un Star Destroyer dans la brume au début du film est sublime. Rien à redire du côté des effets spéciaux qui tiennent la route.

La ou j’ai été un peu déçu est la faible exploitation de Coreilla. Cette planète est riche en histoire et elle aurait pu servir plus la trame narrative. Mais bon, faut faire des choix. La rencontre entre Solo et Chewbacca manquait un peu d’émotion pour moi. J’aurais avoir quelque chose de plus intense. La musique aurait plus être davantage présente. Ici, elle n’est pas un personnage comme dans les autres films de Star Wars et c’est un peu désolant. L’Aube Écarlate aurait demandé plus d’explication. Et l’apparition de Maul à la fin comme étant le leader de cette organisation peut être confuse. Mais cette scène fait très bien le pont avec les séries Clone Wars et Rebels que je vous conseille fortement d’ailleurs. J’aurais bien aimé voir le Black Sun et le prince Xizor mais je comprends l’utilisation de Maul et j’ai hâte de voir ou cela va nous mener dans les suites.

Solo, c’est Star Wars, mais le Star Wars au-delà des films de la série principale. C’est l’univers étendu à son meilleur. C’est comment vivent les gens dans un monde chaotique sous domination impériale. C’est le film que tout le monde voulait voir, sans Skywalker, sans Jedi, sans le côté épique. Un film centré dans la réalité de tous les jours. Pourtant, c’est aussi le film que ces mêmes personnes n’aiment pas! Allez savoir pourquoi!

6 Juin

Épisode spécial 15 – Entrevue avec Jean-David Morvan pour la série Conan le Cimmérien.

Aujourd’hui, 6 juin, est la journée originalement prévue pour la sortie québécoise des deux premières BD de la série Conan le Cimmérien chez Glénat (sortie repoussée de quelques jours)

Pour célébrer cet événement, Marc Gagnon “The Paperman” et Sylvain Bureau “The Animator” ont eu la chance de s’entretenir en exclusivité nord-américaine avec Monsieur Jean-David Morvan, co-directeur de la série et scénariste du premier tome, La Reine de la côte noire.

En plus, Monsieur Morvan nous parle du vingtième anniversaire de la très populaire série Sillage qu’il réalise avec le dessinateur Philippe Buchet.

Une entrevue très intéressante sur Conan.

Bonne écoute!